23.02.2010

On ne fait pas boire un âne qui n'a pas soif

 

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18.02.2010

Former la 2ème génération de sans-papiers, c'est lutter contre le travail au noir

La ville de Lausanne a ainsi décidé de se donner la possibilité d'engager des jeunes sans papiers pour des apprentissages de la ville de Lausanne, en excluant des offres d'emplois la mention du statut. A droite bien sûr on sort les grands slogans politiques tels que: on couvre les hors la loi, on vole le travail aux suisses, etc, etc...
Et si on avait une lecture pragmatique, pour une fois, de la migration et de la situation?


Il existe aujourd'hui en Suisse ce que j'appellerai une deuxième génération de sans papiers. A savoir, les enfants des clandestins qui sont soit nés en Suisse, soit sont venus tout petits avec leurs parents. J'estime qu'ils ne sont en aucuns cas responsable de l'histoire de migration de leurs parents. Dans la réalité, ces jeunes ont pu suivre la scolarité obligatoire et pour celles et ceux qui ont pu réussir au mieux leur scolarité, aller dans la voie gymnasiale (ou on ne demande pas le statut pour s'inscrire). Par contre, la voie de l'apprentissage était fermée à l'immense majorité.
Alors à ce point de la discussion il peut y avoir 2 attitudes:
1) on fait les slogans politiques qui ne servent à rien
2) on essaie de trouver des solutions pragmatiques pour les personnes qui sont là depuis au moins 15 ans, sans statut et dans la précarité, et dont les parents sont pour la plupart des travailleurs au gris (sans autorisation de séjour mais payant des impôts).
Cette deuxième voie est la meilleure. Pourquoi? Parce qu'elle permet de prendre des mesures efficaces contre le travail au noir. En effet, il est grandement illusoire de penser que ces jeunes resteraient toute la journée sans rien faire à se regarder le nombril. Ils travailleraient mais au noir. Et la société a tout intérêt à soutenir cette lutte contre le travail au noir. Le seul parti à avoir refusé au Parlement lors de la législature précédente de soutenir une telle loi, c'est l'udc. Il n'est dès lors pas surprenant que cela soit les premiers à manipuler politiquement une mesure frappée de bon sens pour les jeunes en question mais également pour l'entière société.

Il ne sert à rien de jeter des anathèmes du style: la gauche veut faire venir tous les étrangers de la terre en Suisse, etc... Non. Il ne s'agit pas ici de régulariser des personnes (même si forcément à long terme il faudra réfléchir à régulariser ces personnes qui habitent en Suisse depuis plus de 15 ans et qui ont un permis de travail). Mais bien de comprendre la composante de notre société. Je suis convaincue quant à moi qu'il est temps de différencier, d'analyser, de comprendre les différents statuts du monde de la migration pour pouvoir y apporter des réponses sensées. Ou alors on peut continuer à entonner les slogans qui ne servent qu'à l'avancée électorale de certains ténors politiques, mais en aucun cas au bien être général.

Pour conclure je souligne fortement que ce que propose la ville de Lausanne n'est pas une première. La ville de Genève a déjà ouvert ses portes à la formation professionnelle pour ces jeunes et c'est le pdc Luc Barthassat qui a déposé une motion au Parlement fédéral allant dans le sens de ce que propose aujourd'hui la ville de Lausanne.

Et si l'on prend la politique migratoire, c'est la libérale Martine Brunschwig Graf, qui a demandé en son temps une régularisation spécifique pour les femmes de ménages, dans le canton de Genève. La même demande pour les femmes de ménage a été dépoée dans le canton de Vaud par la verte Sandrine Bavaud.


Quant à Antonio Hodgers, il a déposé une motion au Parlement fédéral, co-signée par l'udc Oskar Freysinger et le libéral Claude Ruey demandant notamment la reconnaissance des enfants de sans papiers à leur naissance et l'accès à tout type de formation, dont celle professionnelle. Non pas que ceux-ci soient tombés sur la tête, mais parce que ils sont conscients qu'à des situations particulières, il faut des réponses particulières. Vive la real politik dans ce domaine.

11.12.2009

Clivage entre les élu-e-s et le peuple?

Clivage entre les élu-e-s et le peuple?

Ces propos sont colportés depuis un certain temps par plusieurs acteurs: par les populistes, par des journalistes, par des citoyen-ne-s déçu-e-s...
Une question me turlupine: quelle mesure utilise-t-on pour cette affirmation? Il semblerait que cela soit l'adéquation entre les mots d'ordre des partis concernant les votations et le résultat ou encore la prise en considération des préoccupations des gens.
Un héros en la matière serait actuellement Oskar Freysinger se pavanant comme récompense dans tous les medias du monde...Pourtant je m'interroge à nouveau: qu'a-t-il fait exactement pour le peuple? A-t-il amélioré la qualité de vie des gens? A-t-il baissé les primes d'assurance-maladie? S'est-il prononcé pour des allocations familiales ou une politique du logement à loyers modérés? Quelles sont ses préoccupations en matière de lutte contre le chômage à part s'opposer à tout plan de relance ou presser comme un citron toutes les prestations pour les chômeurs et chômeuses?
Mystère... Alors j'ose le dire: les élu-e-s de gauche ne sont pas éloignés des préoccupations du peuple, et ce, sous l'angle des 2 critères rédigés plus haut. Par exemple, en juin 2008, le peuple a suivi toute la classe politique sauf l'udc pour contrer l'initiative qui souhaitait instaurer la naturalisation par le peuple. Par exemple, le peuple a voté les bilatérales soutenues par toute la classe politique sauf l'udc. Par exemple le PS se bat depuis des années pour un service public garantie de l'égalité: référendum gagné contre la libéralisation de l'électricité, l'idée de la caisse unique est désormais acquise même dans la tête de la droite, les allocations familiales ont augmenté. Le prochain combat sera bien sûr le référendum contre la révision de la loi sr l'assurance chômage qui est une vaie gifle pour les travailleurs, jeunes et chômeurs de notre pays. Comme si c'étaient eux les responsables du marché économique du pays... Alors là, toute la classe politique sera contre le ps... On verra ce que dira le peuple.

10.10.2009

initiative anti-minaret: une fausse question

La tactique des udc et des quelques chrétiens fondamentalistes à l'origine de l'initiative anti-minarets ressemble à s'y méprendre à celle utilisée pour les naturalisations devant le peuple que le peuple a justement refusé en juin 2008. Petit rappel: prétextant un important nombre de naturalisations en Suisse, ils proposaient de les faire passer devant le peuple. Or, s'ils avaient réellement voulou faire baisser le nombre de naturalisations et pas uniquement ressasser les mêmes rengaines contre les étrangers, ils auraient dû rédiger une initiative demandant le durcissement des critères de naturalisation.
Nous assistons au même procédé avec l'initiative anti-minarets. Les initiants estiment que l'islam est dangereux en Suisse et font miroiter ce qui selon eux est un manque d'intégration. Mais si telle était vraiment leur intention, ils auraient déposé une initiative interdisant le port du voile en Suisse, ou obligeant les gens à manger du porc (les végétariens auraient été contents!) ou obligeant les gens à boire de l'alcool (la ligue de prévention contre l'alcoolisme aurait aussi apprécié!).
Non on voit bien que l'initiative tend seulement à brasser une fois encore la peur des étrangers. Musulmans cette fois. Alors on peut penser ce que l'on veut de l'intégration ou non des musulmans dans notre pays où l'islam extremiste n'existe pas, mais l'initiative sur laquelle le peuple devra se prononcer ne répond en rien aux préoccupations que certain-e-s pourraient avoir. En quoi interdire la construction de minarets (4 actuellement en tout et pour tout en Suisse) résoudraient ces problèmes? Mesdames et Messieurs les initiants, cessez de prendre le peuple pour un con.
Ca commence d'ailleurs à faire beaucoup tous les gens que l'udc n'aime pas: 300'000 étrangers, 300'000 musulmans, 30% de gens qui votent à gauche en Suisse... Ca fait près de 2 millions de personnes ça!

06.10.2009

Il y a urgence nationale

Il faut reconnaître un mérite à la LAmal, peut-être le seul (?), c'est d'avoir affilié de façon obligatoire tous les gens à une assurance -maladie. Et le drame de notre système de santé avec des assureurs privés qui augmentent anné après année les primes d'assurance maladie des ménages de façon monstrueuse et permanente, c'est qu'on prend le risque qu'un parti populiste ne lance l'idée d'ôter cette obligation. Avec le raz de bol tout à fait compréhensible des assuré-e-s de ce pays, une telle idée pourrait passer... ce qui serait un vrai drame, paupériserait toute une série de gens en cas de pépins, introduirait une médecine à plusieurs vitesses, etc...
Il faut réagir et vite face à cette urgence nationale, qu'est devenue la part trop lourde des primes d'assurace maladie sur le budget des gens. Il faut relancer le débat sur une caisse unique, ouvrir les yeux sur les manoeuvres politiques des assureurs et des partis de droite qui pendant la campagne sur la votation de la caisse unique ont maintenu l'augmentation des primes et dès la fin de la votation, ont lâché les chiens....

26.08.2009

Libye: de l'argent pour la libération?

Tout a été dit ces jours. Alors faisons court. Si la Suisse n'a pas fait ses excuses au lendemain de la demande de la Libye, il y a un an, c'est parce que la Suisse pensait qu'on ne pouvait pas céder au chantage immonde de ce pays. Au fond, on occulte que la Libye continue d'être un Etat terroriste et continue de kidnapper des gens. Nos compatriotes en l'occurence. On aurait pu certainement avoir le retour des deux Suisses dès le lendemain de leur prise en otage si la Suisse s'était excusée. Il y a un an. Or, tout le monde s'accordait à dire que l'agissement de la Libye ne pouvait pas passer comme banal et donc notre pays ne POUVAIT pas s'excuser et s'effacer face à un Etat voyou.
Autrement dit, la captivité de nos concitoyens était déjà douloureuse mais on estimait que d'autres paramètres pour leur libération devait jouer à part obéir aux imprécations de l'Etat-voyou.
Alors malgré la libération des 2 otages que tout le monde espère et dont tout le monde se réjouit bien sûr, il n'en reste pas moins que les pays européens échouent les uns après les autres à tenir tête à la Libye et que la loi brutale du plus fort domine... Plus fort, car pays pétrolier... Les pays européens en cause, l'Angleterre, l'Italie, la Suisse, tous ont des priorités financières et économiques qui permettront à la Libye de rester invincible encore longtemps.
Une autre question demeure: comment ne pas croire que des sommes d'argent n'ont pas été versées à la Libye? Je n'ai aucune preuve pour l'attester mais je m'interroge. Dans quasi toute libération d'otage, la question de l'argent fait toujours surface à un moment ou à un autre... soit officiellement, soit inofficiellement... La Suisse a-t-elle versé de l'argent? Aujourd'hui la rsr informe que la Libye aurait demandé de l'argent. Qu'en est-il Mr. Merz?

11.03.2009

enfin du juridique sexy!

Le Parlement vient de faire un pas décisif aujourd'hui, puisqu'il a accepté 2 initiatives demandant d'étendre les compétences du Tribunal Fédéral pour décider si une initiative populaire est valide ou non. Il faut savoir que pratiquement tous les pays européens ont une cour constitutionnelle qui statue notamment si les lois votées par son Parlement sont constitutinnelles ou non. En Suisse on en est pas là. Le Parlement peut en toute impunité décider de lois non constitutionnelles.

Mais le pas franchit, certes modeste, mais ô combien important, permet de transférer la compétence de juger de la constitutionnalité ou du respect de droits fondamentaux suisses ou internationaux au Tribunal Fédéral en lieu et place du Conseil Fédéral ou du Parlement. Pourquoi faut-il s'en réjouir? Parce que actuellement une grande hypocrisie règne en la matière où ce sont les jeux politiques qui décident si invalider ou non une initiative. En effet, actuellement le législatif et l'exécutif sont formés de partis politiques. Or, ce sont eux qui lancent bien souvent les initiatives. Et on ne peut pas être juge et partie à la fois...

C'est donc une bonne chose, même si je sais que la justice n'est pas neutre...

19.02.2009

Secret bancaire: ne renversons pas les probèmes!!!

Incroyable comme c'est facile de renverser les problèmes! Aujourd'hui toute la classe politique crie au scandale face aux pressions des USA sur l'UBS et la Suisse pour que la banque donne les noms de clients supçonnés d'évasion fiscale. Mais le problème réside dans le fait que la Suisse veut protéger des client-e-s étrangers des banques susses qui veulent se soustraire à l'imposition de leur pays!

Imaginez des Suisses qui planquent leur argent et refusent de payer des impôts en Suisse. Toutes les personnes qui se lèvent le matin pour aller travailler et à qui on demande de payer des impôts devraient se rebeller.

Alors aujourd'hui on crie au scandal en disant que l'Etat de droit n'est pas respecté et que le plus fort a gagné. Personnellement je pense que le droit n'est pas respecté lorsque les moins aisés qui ne planquent pas leur argent doivent payer plus d'impôts pour combler le manque à gagner d'un Etat parce que les plus aisés ont trouvé le moyen de s'y soustraire...

Alors aujourd'hui je me réjouis si cet "incident" va suscier des remous et faire en sorte que la Suisse légifère autrement sur le secret bancaire. On peut rêver...

12.02.2009

Mais où va s'arrêter le cynisme de Yves Nidegger?

Yves Nidegger passe pour être une des nouvelles têtes pensantes de l'udc suisse. On le dit froid, et intelligent. Depuis lundi 9 février on peut rajouter le terme cynique. Lu dans le 24H à propos de la campagne udc sur les bilatérales.

«La campagne n’a pas été bonne, reconnaît le conseiller national genevois Yves Nidegger. Polymorphe, plus nuancé que d’habitude, inadapté en Suisse romande, le message n’a pas passé. Et les partisans du oui ont pu jouer la peur mieux que nous.»

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20.01.2009

Obama for President: yeah!

Le 44ème Président d'Amérique , Barack Hossein Obama vient de terminer son discours d'investiture. Au-delà de l'émotion qu'il a pu susciter, au-delà de son discours somme toute assez attendu, une chose m'a marquée: son humilité. La 1ère nation du monde a dit: le monde change, nous devons aussi changer.
Il y a eu un message de paix aussi: le pouvoir (militaire) seul ne suffit pas pour se protéger. Il faut des convictions, des valeurs. Ces valeurs sont la tolérance, le courage, la curiosité, l'honnêteté, la fidélité.
Pour moi on asse des année d'obscurantisme de Busch aux années de Lumière. Les mots bien et mal n'ont été prononcés qu'une fois en 20 minutes...
La modestie et la paix ont été exahltés. L'espoir continue

01.10.2008

Le rôle de la gauche en temps de crise

La question pour le PS en cette période est cruciale. "Nationalistaion" des banques privées de par le monde, et la question va se poser du moins théoriquement en Suisse pour l'UBS, plus de réglementation dans le domaine de l'électricité pour éviter l'augmentation du prix de l'électricité, etc... Le mouvement avait commencé avec la tentative de sauver Swissair à l'époque, ou celui de sauver la banque cantonale vaudoise dans le canton de Vaud. Autrement dit: privatisation des bénéfices, socialisation des déficits. C'est le citoyen, le contribuable dirait la droite, qui paie les pots cassés des barons de la finance ou des grandes entreprises en tout genre...
La question qui se pose pour les partis de gauche est une question de paradigme: sommes-nous là pour proposer une alternative au système néo-libéral ou devons-nous accompagner le capitalisme en corrigeant ses effets catastrophiques?
Pour l'heure il me semble que tout plan qui prévoit de venir au secours des organismes privés qui ont conduit à la catastrophe, notament pour les petits épargnants ou propriétaire aux USA, doit s'accompagner d'un plan de retour dès que la situation se sera améliorée. Autrement dit, ceux qui viendront sauver les collectivités, devront avoir quelque chose en retour, outre le fait d'éviter une crise qui les toucheraient également de plein fouet!

18.09.2008

Ricardo Lumengo: lynchage politique

Une énième polémique est née sous la coupole depuis qu'un journaliste d'un quotidien romand a pensé nécessaire donner son opinion sur les prestations et le niveau de compétences politiques du conseiller national Ricardo Lumengo après un passage à classe politique, émission politique du lundi soir sr la TSR. Les propos du journalistes sont extrêmement violents et agressifs. De nombreux élu-e-s se sont ému-e-s de cette façon de faire. Une photo et une destruction propre en ordre.  Mais au nom de quoi? Au nom de la liberté de la presse? Je ne vois pas le rapport.  Le travail d'un-e élu-e est public et au service des gens. C'est donc bien le peuple qui doit juger et faire ses classements selon ses propres critères. Ce sont les téléspectateurs de lundi qui doivent juger et apprécier les prestations, les compétences et le travail des uns et des autres.

Il est courant pour la presse de faire des rankings sur les élu-e-s et je ne remets pas en cause le rôle de la presse dans la formation de l'opinion publique. Et il est certainement sain et essentiel qu'à la fin de la législature le travail des politicien-ne-s soit mis en avant. Mais au moins, lors de ces rankings, tout le monde y passe. Là cela sent le lynchage. Toutes les personnes qui ont à parler en public ont été plus ou moins bons une fois ou l'autre. Depuis la début de la législature plusieurs personnes se sont plantées en débat. Alors pourquoi lui, seul et maintenant?

Le goût du sang sûrement...

14.09.2008

humeur

Samedi soir j'étais de sortie avec 2 personnes qui me sont proches. Elles sont fans toutes les 2 de facebook où je ne suis pas. Moi j'étais contente de sortir parce que cela faisait longtemps que je ne voyais plus l'une d'elle. je me suis dit qu'on allait faire une sorte de "aggiornamento" de nos vies.

Elles ont discuté toute la soirée de leurs ami-e-s sur facebook. "Et tu as vu les photos de celui-ci? Et pourquoi cette fonction marche pas? et comment je fais à rendre invisible mes photos?..." Bref, elles n'ont même pas fait semblant de me parler. J'étais larguée.

Alors je me suis dit que si facebook permettait de se créer des amis, moi je leur parlais quand je les avais devant moi en chair et en os.

09.09.2008

sécurité

Nous savons toutes et tous que parfois en politique il faut empoigner des thèmes qui sont « dans le vent », qui font l’actualité pour ne pas être en reste. Ainsi le PSS a décidé de thématiser la sécurité publique dans son Congrès d’octobre à Aarau. Cela a été annoncé dans les medias comme un réveil du parti, comme si il décidait enfin de briser des tabous. Autrement dit, jusque là le PSS n’aurait pas tenu de discours sur la sécurité…

Personnellement je m’inscris en faux contre cette idée. Le PS a toujours parlé de sécurité publique en mettant en avant les idées de sécurité, de paix et de justice sociale. L’égalité des chances, la possibilité pour toutes et tous de vivre dans des conditions dignes ayant toujours été les prémices nécessaires et premières pour que les uns et les autres puissent vivre ensemble de façon plus ou moins harmonieuse et pacifique.

Le papier produit par le groupe de travail du PSS pose un problème de fond : qu’est-ce que la sécurité publique ? Force est de constater qu’elle se limite pour ses auteurs à la violence. Violence des étrangers, violence des jeunes, violence dans les medias, ordre et sécurité. Disons-le clairement : les thèmes abordés sont dignes d’un résumé du Sonntagblick. Hormis 4 ou 5 énormités telle que la généralisation des videos surveillances, c’est un coup de bluff. Ainsi, même le chapitre décrié à juste titre et stigmatisant sur la criminalité des étrangers pourrait être potable si on enlevait le mot « étranger » et si on n’en faisait pas un chapitre à part. Mais la voie polémique et surfant sur la vague du sensationnalisme a été choisie. Toutefois, prendre cette option n’est pas si anodin ou sans conséquences. Ainsi, cédant à la vague xénophobe européenne, le papier propose l’interdiction de la mendicité organisée. Une attaque non explicite aux quelques centaines de Roms en Suisse qui au dire même des responsables de la police n’entrainent pas d’augmentation d’actes criminels.

Tout le papier souffre d’un mélange de  niveaux et de priorités. Ainsi par exemple le chapitre sur « l’aménagement réfléchi de l’espace public » met sur pied d’égalité la problématique de la mixité sociale, si importante à l’intégration des couches défavorisées par des politique de logements abordables, et la transparence des ascenseurs (sic !). L’emploi et la formation sont abordés en une ligne dans ce même chapitre alors que l’on s’étale sur la transparence des arrêts de bus.

En d’autres termes, ce papier manque d’envergure et de souffle. Il est petit et même mesquin. Il manque cruellement des chapitres essentiels comme la lutte contre la grande criminalité économique, la problématique de la sécurité de l’emploi ou de la formation comme vecteur d’intégration.

Autrement dit, si le PS doit tenir compte du sentiment d’insécurité des habitant-e-s du pays, il faut peut-être analyser les causes avec une grille de lecture autre que celle du « propre en ordre » et essayer d’y donner des réponses de fonds. Ainsi, l’octroi de salaires décents, de logements dignes à des coûts accessibles, des possibilités de formation de base ou continue, une politique familiale digne de ce nom permettraient d’éliminer le sentiment de précarité que plusieurs couches de la population ressentent aujourd’hui. Et on sait parfaitement que le sentiment de précarité entraine celui d’insécurité. Cette précarité réelle ou ressentie n’est plus l’apanage des seules couches défavorisées, mais également celle de la classe moyenne. Mais toutes ces problématiques ont été oubliées dans ce papier, sacrifiées à l’autel du discours dominant de medias et de partis abrutissants.

Bien sûr, le PS doit pouvoir communiquer de façon percutante et moderne. Du coup ce papier sur la sécurité aurait mérité un travail plus fin et de meilleure qualité. Nous sommes face à du vent. Cessons de faire de la politique électoraliste en essayant de contenter les fauves, mais essayons plutôt de donner de vrais réponses aux vrais problèmes.

04.07.2008

Les Roms ont bon dos pour cacher les vrais problèmes...

La chasse aux Roms  continue... En Italie on fiche avec les empreintes digitales et en indiquant la religion. En Suisse même ma famille socialiste, cédant aux sirènes électoralistes veut empêcher la mendicité organisée (les Roms donc). D'ailleurs je note au passage qu'en Europe seuls des mouvements de l'Eglise chrétienne se sont élevés en faux contre ces pratiques. La gauche elle se tait, réfléchit, se tâte...et laisse faire.

Mais qu'on m'explique pourquoi tant de haine? A Genève, en décembre, la police devait bien admettre qu'il n'y avait pas de hausse de vols ou de criminalité avec la présence des Roms à Genève...

Qu'on m'explique le lien entre la précarité qui touche une partie de notre population et la présence des roms ou tout autre mendiant. Qu'on m'explique le lien entre la présence de mendiants étrangers ou non et la politique fiscale de Merz tendant à privilégier les privilégiés. Que l'on m'explique le lien entre la présence de mendiants étrangers ou non et la politique de Couchepin sur la santé et les primes si absurdement élevés pour toute une partie de notrepopulation. Que l'on m'explique le lien entre la présence de mendiants étrangers ou non et les salaires insuffisants pour une partie de notre population.

 Non. je ne vois pas de liens...